Navigation | La Fronde

Pages

Categories

mai 5, 2017

Les prochaines pubs intrusives

Si c’est gratuit, vous êtes le produit. Aujourd’hui, la publicité est partout, sur tous nos médias, des plus anciens aux plus récents. Dans le monde réel, elle se modernise aussi, passant doucement du vieux panneau d’affichage à l’écran LCD flambant neuf, aux couleurs chatoyantes. Et ce n’est pas fini. L’opérateur de téléphonie japonais NTT Docomo a donné un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler la publicité de demain, rapporte Gizmodo. La société a en effet dévoilé un étrange drone, entouré de bandes de LEDs verticales. Quand celles-ci tournent suffisamment vite, à plus de 3 tours par seconde, le drone disparaît et laisse la place à une sphère-écran, rapporte Asahi. Pour l’instant, la résolution est faible, mais elle pourrait devenir plus importante, avec l’évolution des technologies. Le prototype, qui pèse 3,5 kg, a été présenté le 20 avril à Tokyo et devrait être utilisé dans un premier temps lors d’un festival. Il servira notamment à orienter les personnes présentes, mais NTT Docomo estime que ce drone a un potentiel publicitaire pour le futur. Un futur qui fait immanquablement penser aux pires aspects d’œuvres de science-fiction comme “Minority Report”, “Futurama” ou encore la récente adaptation de “Ghost in the Shell”.

Filed by lafronde at mai 5th, 2017 under Uncategorized
No comments on this post yet

mai 3, 2017

Baptême de l’air supersonique!

Il y a peu, j’ai fait quelque chose qui marche une vie entière : je suis monté à bord d’un avion de chasse pour goûter aux joies de la voltige. Cela s’est passé du côté de Pontoise et c’était résolument abracadabrantesque. En fait, je me suis demandé si j’allais l’évoquer ici. Pour tout dire, je suis resté coi sur Twitter. Parce que j’ai remarqué que nous étions devenus franchement fans des partage sur les réseaux sociaux. J’emploie le mot partage, mais ce n’en est pas vraiment : il ne s’agit en fait pas tant de partage que de mise en avant de soi. Nous prenons la pose.

C’est une chose qui sonne comme une évidence mais qu’on a au fond tendance à oublier. Nous passons maintenant tant de temps accrochés à nos écrans que nous en occultons complètement la réalité. C’est à tel point que lorsque nous nous expérimentons quelque chose, nous pensons immédiatement à partager sur le web. Nous croisons une célébrité ? Notre premier réflexe est de faire une photo à mettre sur les réseaux. Une assiette appétissante ? C’est un food porn partagé avant même la dégustation. Nous ne vivons plus dans l’instant : nous sommes rivés dans l’instant d’après, celui où les amis vont féliciter et liker cette actualité. Je crois qu’en réalité, nous fonctionnons tous des drogués mendiant leur quantité de likes. Le plus attristant, finalement, c’est que tout le temps que nous passons à penser à cette vie virtuelle est autant de temps que nous passons loin de la réalité. Les bienfaits de la schizophrénie technologique. Comme dirait le chat du Cheshire : tout le monde est fou ici, car plus aucun de nous n’est tout à fait seul dans sa tête. Sinon, si vous avez un jour la chance de tester le vol en avion de chasse, n’hésitez pas un seul instant. D’ailleurs, je vous mets en lien le site où j’ai dégoté mon vol, si vous habitez du côté de Pontoise. ;-)Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du blog sur ce de baptême en L-39 qui est très bien fait sur ce thème.

l39-5.jpg

Filed by lafronde at mai 3rd, 2017 under Uncategorized
No comments on this post yet

mars 27, 2017

Des parlementaires français demandent la reconnaissance de l’Etat de Palestine

Quelque 154 députés et sénateurs français de tous les bords politiques demandent au président François Hollande la reconnaissance de l’État de Palestine, dans un courrier transmis dimanche à l’AFP. “La France doit marquer sa volonté de sortir de l’impasse sur ce conflit en réaffirmant solennellement, au nom du droit inaliénable à l’autodétermination, que le peuple palestinien est fondé à se doter d’un État. Il en va du respect du droit international comme de la sécurité d’Israël”, écrivent ces parlementaires au chef de l’Etat. “Monsieur le président, montrez-vous à la hauteur de l’enjeu et ne manquez pas ce rendez-vous avec l’Histoire, en reconnaissant dès à présent l’Etat de Palestine”, demandent-ils. La plupart des groupes politiques, de gauche comme de droite, sont représentés dans la liste des signataires. Dans celle-ci figurent notamment Gilbert Roger, sénateur socialiste et président du groupe d’amitié France-Palestine, les communistes Marie-George Buffet et Pierre Laurent, les sénatrices écologistes Aline Archimbaud et Esther Benbassa, les socialistes Marie-Noëlle Lienemann, Mathieu Hanotin et Catherine Tasca, ainsi que du parti de droite Les Républicains Jean-Luc Reitzer et Michel Voisin. Le président palestinien a salué cette lettre comme “un signal clair de la volonté de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix du fait du refus du gouvernement israélien de mettre fin à l’occupation des Territoires palestiniens et de sa volonté de détruire par tous les moyens la solution à deux États”. Ce principe diplomatique, qui fait référence depuis des décennies, est porté par l’ONU et l’Union européenne et c’est également cette solution de la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël qui était porté par la conférence organisée par Paris en janvier. Récemment, le président américain Donald Trump a créé la surprise en s’en distanciant, s’alignant ainsi, accusent une grande partie des Palestiniens, sur la position israélienne.

Filed by lafronde at mars 27th, 2017 under Uncategorized
No comments on this post yet

janvier 5, 2017

Une motoneige la nuit

Il paraît qu’il y a des gens qui détestent la neige. Moi, c’est le contraire. Les vacances d’hiver sont mes préférées. J’adore me retrouver au milieu des grandes étendues neigeuses. J’ai alors le sentiment d’être un explorateur. Je n’adore rien tant que de m’écarter des pistes les plus fréquentées pour retrouver cette impression d’explorer un monde vierge. J’ai l’habitude d’arpenter ces grandes étendues en ski, mais récemment, j’ai testé un autre moyen de transport : la motoneige. Ca s’est passé à Courchevel et je dois dire que ça m’a bien plu. Nous étions six à partir en randonnée. J’imaginais que le bruit de motoneige gâcherait mon plaisir, mais je peux vous dire que j’ai vite oublié ce point de détail, une fois lancé ! Nous sommes partis peu après que le soleil ait disparu derrière le massif. Au début, il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour arriver à contrôler la bête. Cela n’a rien de très compliqué, pourtant : le frein est dans la main gauche, l’accélérateur dans la main droite… Oui, mais l’engin est très réactif, et il m’a semblé qu’il valait mieux se lancer en douceur. Bref, une fois que j’ai pris le coup de main, j’ai enfin pu profiter pleinement du plaisir de la conduite. Le blanc de la neige a viré au gris, pour a fait place à l’obscurité. Et là, notre expédition, qui était déjà bien agréable, est devenue encore plus incroyable. Imaginez. Il y avait la nuit, le ruban blanc de la piste, la neige qui tombait… et c’est à ça que se résumait le monde. Tout ce qui pouvait exister en dehors de la lumière du phare de ma motoneige était invisible, inconnu, étrange. Je n’avais encore jamais exploré une piste de ski dans l’obscurité, et je dois dire que c’est une expérience fabuleuse : jamais je n’avais à ce point éprouvé l’impression d’être un explorateur loin du monde connu. Si vous êtes comme moi à la recherche d’une terra incognita à explorer, je vous recommande chaudement l’expérience. Cette randonnée en motoneige à Courchevel m’a par moments donné l’impression d’être dans un roman de Jack London ! Suivez le lien pour le contact.

motoneige17.jpg

Filed by lafronde at janvier 5th, 2017 under Uncategorized
No comments on this post yet

décembre 23, 2016

Terrasse de rêve

iconic1.jpg

Filed by lafronde at décembre 23rd, 2016 under Uncategorized
No comments on this post yet

Polliniser l’emploi social

Oui, inclusion sociale et croissance peuvent être menées conjointement! De nouvelles pratiques émergent et ouvrent vers de nouveaux modèles économique et solidaire, porteurs de sens et de croissance. Alors pourquoi ne pas généraliser ces pratiques qui font leur preuve afin de limiter l’accroissement des inégalités? Parmi les partenaires privilégiés, l’entrepreneuriat social doit compter davantage sur les entreprises privées et inventer de nouveaux modes de coopération. Par conviction ou par obligations réglementaires, un certain nombre de groupes privés au titre de leur programme RSE (responsabilité sociale, sociétale et environnementale) soutiennent l’action d’entreprises sociales via des dotations, via des dons. Ainsi, des pratiques d’impact investing (une stratégie d’investissement cherchant à générer des synergies entre impact social, environnemental et sociétal d’une part, et retour financier neutre ou positif d’autre part, NDLR), de philantrophy venture (une nouvelle forme de philanthropie adaptant les principes du private equity (la sélection et le développement d’entreprises à fort potentiel de croissance) aux besoins du secteur caritatif, NDLR) ont vu le jour relativement récemment, et plus largement une myriade d’actions sont prises au sein des entreprises et doivent être valorisées. Leroy Merlin favorise ainsi les démarches d’entrepreneuriat social de ses salariés en lien avec l’activité de l’enseigne; Generali a créé un incubateur dédié à l’économie sociale et solidaire; Carrefour favorise l’insertion par l’emploi de personnes évoluant en ESAT (établissement et service d’aide par le travail); DSi, entreprise adaptée, a vocation à créer des emplois durables et qualifiants; autant d’exemples qui existent depuis quelques années et ont prouvé leur pertinence. “Ces soutiens sont une aide précieuse mais ils sont encore mineurs au regard des enjeux de notre société. Si la loi Hamon de 2014 sur l’économie sociale et solidaire a permis de structurer, d’encadrer et surtout de donner une reconnaissance juridique au secteur de l’entrepreneuriat social, ses potentialités au service des entreprises, de la société et de l’environnement sont sous-exploitées.” Ces soutiens sont une aide précieuse mais ils sont encore mineurs au regard des enjeux de notre société. Si la loi Hamon de 2014 sur l’économie sociale et solidaire a permis de structurer, d’encadrer et surtout de donner une reconnaissance juridique au secteur de l’entrepreneuriat social, il n’en demeure pas moins que les potentialités de l’entrepreneuriat social au service des entreprises, de la société et de l’environnement sont encore sous-exploitées. Il est nécessaire que les entreprises puissent prendre pleinement conscience des atouts que l’entrepreneuriat social -et plus amplement l’économie sociale et solidaire- peut leur apporter. Dans son Rapport sur la croissance et le développement inclusif, le Forum Economique Mondial alertait en 2015 que la réduction des inégalités était un enjeu majeur pour nos sociétés. Ce rapport avait pour objectif de passer de l’état d’identification des problèmes à l’action pour développer des modèles de croissance inclusive. Parmi les conclusions émises dans ce rapport, deux peuvent particulièrement retenir notre attention. Tout d’abord, il est possible de promouvoir l’inclusion et la croissance simultanément. Par ailleurs le débat qui se concentre généralement sur la redistribution et la spécialisation de la main d’œuvre n’est qu’une option pour développer une croissance bénéfique à tous. Le rapport estime qu’il est plus que nécessaire d’encourager à la fois les salariés et les entreprises ainsi que la croissance et l’équité. Il faut inventer et généraliser de nouvelles collaborations entrepreneuriales et créer de la valeur pour tous. A l’instar de ce que vit le secteur du numérique, pourquoi ne pas intégrer davantage de start-ups innovantes à vocation sociale à l’écosystème d’entreprises dites “traditionnelles”? Car les entrepreneurs sociaux innovent également.

Filed by lafronde at décembre 23rd, 2016 under Uncategorized
No comments on this post yet

octobre 28, 2016

Dé-génération

Il y a peu, un remaniement a eu lieu dans mon équipe, et la direction a jugé bon d’organiser un incentive en Andorre, pour qu’anciens et nouveaux apprennent à se connaître. Seulement voilà : il se trouve que les nouveaux venus font partie de ce qu’on appelle la génération Y. Et travailler avec eux s’avère bien plus compliqué que ce que la direction semble penser. Je me souviens qu’il y a quelques temps, un bon nombre d’articles sont parus pour expliquer ce qu’était la génération Y, quel était son rapport au travail, et comment il fallait la manager. A écouter ces articles, cela se faisait sans problème. Sauf que dans la pratique, ça ne se passe pas du tout comme ça. Le descriptif des articles était pourtant alléchant : des jeunes qui refusent le concept de hiérarchie en entreprise, veulent de l’immédiateté et de la spontanéité plutôt que de travailler sur le long terme, et ont besoin de temps à eux sur leur temps de travail pour faire des achats en ligne et répondre à leurs emails. Bref, le profil de l’employé du mois, en somme. Bizarrement, aucun de ces problèmes ne semblait poser problème à ceux qui rédigeaient ces articles. Ceux-là n’avaient visiblement jamais travaillé dans une entreprise, parce qu’en réalité, tous ces éléments font de pas mal de jeunes gens de cette fameuse génération Y de vrais boulets dans le travail. Et je parle en connaissance de cause, car j’ai depuis travaillé avec pas mal d’entre eux avant de me forger cette opinion. Dans l’ensemble, j’ai l’impression qu’on passe plus de temps à les former, les cadrer et les recadrer, qu’à collaborer véritablement avec eux. Ils ne sont pas vraiment là au travail. Ils ne comptent pas faire carrière au sein de l’entreprise. Tout ce qu’ils veulent, au fond, c’est créer leur propre entreprise pour devenir riche et célèbre comme Zuckerberg. Eh bien, j’aurais tendance à dire : qu’ils créent donc leur entreprise au plus vite, pour permettre aux autres de travailler correctement ! Cela dit, il faut leur reconnaître une chose : ils savent faire la fête. Ils l’ont d’ailleurs bien montré lors de ce voyage incentive en Andorre, et je dois admettre que je me suis bien amusé en leur compagnie. Mais quant à travailler avec eux, c’est une toute autre affaire…

conference.jpg

Filed by lafronde at octobre 28th, 2016 under Uncategorized
No comments on this post yet

août 16, 2016

Couvrir une statue…

Des statues ont été camouflées pour la visite à Rome du président iranien. Pour Louis Manaranche, cacher, chez soi, des statues antiques au motif qu’elles ne sont pas conformes à la tradition culturelle de l’hôte que l’on accueille, c’est trahir l’identité européenne. Louis Manaranche est agrégé d’histoire et président du laboratoire d’idées Fonder demain. Son livre Retrouver l’histoire est paru en 2015 aux éditions du Cerf. Depuis quelques jours, les réseaux sociaux s’emparent avec une frénésie de l’expression jusqu’alors un peu oubliée «À Rome, fais comme les Romains». Le contexte de cette redécouverte est le camouflage, au musée romain du Capitole de plusieurs statues antiques jugées trop dénudées pour le président de l’Iran, Hassan Rohani, en visite officielle dans la Ville éternelle. Il est de bon ton de railler la pudibonderie iranienne qui s’offusquerait de la nudité de corps admirablement figurés par un art qui fait une part de la renommée des Antiquités grecque et romaine. Il n’est pas certain que cet angle d’attaque soit le plus pertinent. Chaque civilisation a un rapport à la corporéité qui lui est propre et qui, de surcroît, évolue. S’il est intrinsèquement illégitime de dissimuler entièrement le corps d’une femme et de lui ôter quelque chose de sa dignité de personne en ne la considérant que comme un objet de tentation, appréhender la décence et la pudeur de manière différente selon les lieux et les époques n’a rien de scandaleux. L’Europe est unie dans l’idée que la culture, c’est-à-dire la manière d’habiter et d’incarner l’humanité, est propre à chaque région du monde. Une autre attitude l’est et l’est d’autant plus qu’elle a été celle d’Européens. L’injonction à vivre comme les Romains vient des racines les plus profondes de notre culture, de l’intersection entre l’héritage romain et la nouveauté chrétienne, venue de l’extérieur du continent. Saint Ambroise, évêque de Milan au IVe siècle, est supposé avoir fait ce conseil à son disciple saint Augustin, originaire d’Afrique du nord, afin qu’il sache se faire plus aisément accepter comme disciple du Christ dans des contrées aux mœurs différentes. Ce n’est aucunement anecdotique. L’Europe s’est construite sur (et parfois contre) la foi d’Ambroise et d’Augustin et autour d’une vision du monde et de l’homme qui en découlait. En cette matière, aucun relativisme n’a droit de cité. En revanche, l’Europe est unie dans l’idée que la culture, c’est-à-dire la manière d’habiter et d’incarner l’humanité, est propre à chaque région du monde. L’Européen considère qu’il n’y a rien à porter comme un absolu dans ses propres mœurs et voit dans celles des autres, tant qu’elles honorent la nature humaine, une particularité à respecter. La réciprocité est naturellement attendue. Cette attitude tient ensemble une fermeté de convictions et une profonde tolérance. Elle dessine un chemin exigeant de discernement entre le fondamental et le secondaire et incite l’autre à la même disposition. Dans ce contexte, cacher, chez soi, des statues antiques au motif qu’elles ne sont pas tout à fait conformes à la tradition culturelle de l’hôte que l’on accueille, c’est trahir l’identité européenne. Il ne s’agit pas seulement du reniement d’un rapport hérité à sa culture. Il s’agit aussi d’un signe de soumission à l’idée que la culture de l’autre peut légitimement être un absolu à visée hégémonique. Surtout, ne faisons plus comme les Romains!

Filed by lafronde at août 16th, 2016 under Uncategorized
No comments on this post yet

Piquet de grève pendant 35 ans

Concepcion Picciotto avait installé sa tente en face de la résidence présidentielle dans les années 1980. Elle a vu se succéder Ronald Reagan, Bill Clinton et Barack Obama. Elle est morte à l’âge de 80 ans au terme de la manifestation la «plus longue de l’histoire américaine». Elle était sans aucun doute la manifestante la plus obstinée de l’histoire des États-Unis. Concepcion Picciotto, plus connue sous le nom de «Connie» ou «Conchita», manifestait depuis près de 35 ans tous les jours devant la Maison-Blanche contre la prolifération nucléaire et les guerres successives engagées par Washington. Cette femme de conviction née en Espagne est morte lundi dans un centre venant en aide aux femmes sans abri, rapporte le Washington Post qui fait de son portrait la une de son édition de mardi. Elle avait 80 ans. D’après le quotidien américain, il s’agit de la manifestation la «plus longue de l’histoire américaine». Le but de son geste était sans ambiguïté: «Sauver le monde de la destruction», selon ses mots. Ce petit bout de femme à la peau burinée, qui portait une étrange perruque et un foulard, était un personnage familier pour tous les employés de la Maison-Blanche. Elle échangeait régulièrement avec les touristes qui passaient devant sa tente, où elle était installée depuis plus de trois décennies en compagnie de deux pancartes jaunes où était notamment inscrit: «Vivez avec la bombe, mourrez par la bombe.» Ses visiteurs étaient parfois perplexes face à ses propos quelque peu confus sur les nombreuses causes qui lui tenaient à cœur. Si sa santé mentale était parfois décrite comme déficiente par ses détracteurs, Concepcion Picciotto pouvait également compter sur de nombreux soutiens. Parmi eux figure Ellen Thomas, une militante qui a manifesté aux côtés de «Conchita» pendant près de 25 ans. Cette dernière a déclaré au Washington Post en 2013 que la question de sa santé mentale n’était jamais abordée. Plutôt que de spéculer sur ce sujet, ses proches préféraient vanter «son dévouement et son endurance». D’après ceux qui la côtoyaient au quotidien, Concepcion Picciotto parlait peu de sa vie avant 1960, lorsqu’elle émigre à New York à l’âge de 18 ans. Elle travaille d’abord comme interprète pour les Nations unies et pour le bureau économique et commercial de l’ambassade d’Espagne. En 1969, elle épouse un homme d’affaires italien avec qui elle adopte un enfant. Mais leur histoire finit mal. Concepcion perd tout: sa maison, la garde de sa fille et son travail. En 1981, «Conchita» décide alors de changer radicalement de vie. Elle s’installe sur le trottoir de Lafayette Square, face à la Maison-Blanche, rejoignant un autre protestataire, William Thomas, décédé depuis. Durant près de 35 ans, Concepcion Picciotto a tout enduré sur le bitume de Washington. Des tempêtes de neige historiques, des vagues de chaleur torride, ou encore des confrontations parfois violentes avec la police. Au fil du temps, elle devient une véritable institution. Son camp de fortune est devenu un arrêt obligatoire mentionné dans les guides touristiques. Son combat est même devenu un sujet de discussion dans les collèges locaux. En 2012, «Conchita» est percutée par un taxi alors qu’elle circule à bicyclette. Depuis ce jour, elle comptait sur l’aide de jeunes militants pour maintenir le siège face à la bâtisse présidentielle. Selon les règles du National Park Service, l’agence fédérale chargée du site, sa tente ne pouvait rester inoccupée, sous peine d’être démontée. Installée face aux fenêtres du plus célèbre bâtiment de Washington, elle a vu se succéder Ronald Reagan, Bill Clinton, ou encore Barack Obama. D’après elle, aucun président n’est jamais venu la saluer. Pourtant, si les chefs d’État se succédaient dans la résidence présidentielle, elle était toujours là, indéboulonnable. Il y a quinze ans, elle assurait à l’agence France-Presse: «Le monde entier doit savoir. Je ne quitterai jamais cet endroit.» Depuis hier, une pancarte est installée devant la tente de fortune qu’elle occupait devant le 1600 Pennsylvania avenue. Il est inscrit: «Concepcion, RIP. Love.»

Filed by lafronde at août 16th, 2016 under Uncategorized
No comments on this post yet

avril 23, 2016

Quand la Chine cible l’Afrique

Dans l’économie mondiale moderne, l’Afrique a toujours été un élément à part. Et ce particularisme ne semble pas près de se réduire. Récemment, j’ai en effet assisté à un colloque à Pékin en Chine où quelqu’un a entrepris de décrire à quoi ressemblerait ce continent en 2025. Selon cette personne, l’Afrique subsaharienne demeurera à cette date la région la plus vulnérable du monde en termes de défis économiques, de pressions démographiques, de guerres civiles et d’instabilité politique. La faiblesse des États et les relations troublées entre ceux-ci et leurs sociétés civiles freineront probablement toute amélioration majeure des perspectives de la région d’ici à vingt ans — à moins d’un engagement international soutenu, ponctué d’interventions directes. L’Afrique australe conservera son statut de sous-région la plus stable et la plus prometteuse sur les plans politique et économique. L’Afrique subsaharienne restera un important fournisseur de pétrole, de gaz et de métaux sur les marchés mondiaux et elle attirera de plus en plus l’attention des États asiatiques cherchant un accès aux matières premières, telles la Chine et l’Inde. Toutefois, malgré une demande mondiale plus forte en matières premières, l’accroissement des revenus pourrait ne pas profiter au plus grand nombre ou ne lui apporter aucune amélioration économique significative. Des politiques économiques médiocres — bridées par des intérêts patrimoniaux et une réforme économique inachevée — exacerberont probablement les fractures ethniques et religieuses ainsi que la criminalité et la corruption dans de nombreux pays. Les élites au pouvoir continueront sans doute d’accaparer une part encore plus importante des revenus et des richesses, tandis que la pauvreté persistera ou s’aggravera dans les zones rurales et des agglomérations urbaines tentaculaires. Le fossé entre l’élite et le reste de la population risque de s’élargir, aggravant les causes d’extrémismes politiques et religieux, sources de divisions. En 2025, la population devrait dépasser le milliard d’habitants, malgré les effets du virus du sida. Plus de la moitié de la population aura alors moins de 24 ans, et beaucoup d’individus chercheront de nouvelles opportunités économiques ou la sécurité physique à travers l’émigration — que ce soit à cause d’un conflit, du changement climatique ou du chômage généralisé. Les premiers effets planétaires du changement climatique, pénuries d’eau comprises, commenceront à se faire sentir en Afrique subsaharienne vers 2025. Autant dire que les problèmes qu’elle rencontre sont loin d’être derrière elle. Si la plupart des interventions de ce colloque à Pékin avaient un air de réchauffé, celle consacrée à l’Afrique était à mon sens bien plus intéressante. Et l’organisation de cet événement était particulièrement réussie. D’ailleurs, je vous mets en lien le site de l’agence qui s’en est occupée : j’ai bien apprécié la touche d’originalité dont elle a fait preuve. Si vous envisagez d’organiser un colloque, à Pékin ou ailleurs, je vous conseille de regarder ce qu’ils proposent. Toutes les informations pratiques sont accessibles sur le site de l’organisateur de ce séminaire en Chine. Suivez le lien pour les infos.

12479087_1709458299337590_92526333_n.jpg

Filed by lafronde at avril 23rd, 2016 under Uncategorized
No comments on this post yet

Next Page »


Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 14 articles | blog Gratuit | Abus?